Zelda Link’s Awakening sur Game Boy : le rêve culte de Cocolint

Sorti en 1993 sur Game Boy, The Legend of Zelda: Link’s Awakening est le premier épisode portable de la saga et l’un des plus singuliers. Sans Hyrule, sans princesse Zelda ni Triforce, il envoie Link sur une île mystérieuse, Cocolint, où plane une étrange atmosphère de rêve. Voici sa fiche technique, l’histoire de sa création, son gameplay, son accueil et ses nombreuses versions, de la Game Boy à la Switch.

Fiche technique de Link’s Awakening

ÉlémentDétail
TitreThe Legend of Zelda: Link’s Awakening
Plateforme d’origineGame Boy
DéveloppeurNintendo EAD
ÉditeurNintendo
RéalisateurTakashi Tezuka
SortieJuin 1993 au Japon, août 1993 en Amérique du Nord, fin 1993 en Europe
GenreAction-aventure
Joueurs1
VersionsLink’s Awakening DX (Game Boy Color, 1998), remake sur Nintendo Switch (2019)

Un projet né en dehors des heures de travail

L’histoire de Link’s Awakening commence de façon presque clandestine. Après la sortie de A Link to the Past sur Super Nintendo, certains membres de Nintendo EAD s’amusent à tester ce que la Game Boy est capable de faire en matière de Zelda. Ce qui ressemble d’abord à une expérimentation, voire à une tentative de portage, devient peu à peu un véritable projet, validé par la direction.

Takashi Tezuka prend la tête du développement. L’équipe profite de cette liberté pour s’éloigner des codes de la série. Yoshiaki Koizumi, futur pilier de Nintendo, participe à l’écriture du scénario et imagine l’histoire du Poisson-Rêve. Tezuka a souvent évoqué l’influence de la série télévisée Twin Peaks, dont l’ambiance étrange et les personnages excentriques transparaissent dans les habitants de l’île.

Cette atmosphère décalée se retrouve aussi dans les nombreux clins d’œil à d’autres univers Nintendo. On croise des Goombas, des plantes Piranha, un Chomp enchaîné nommé Bow-Wow, une poupée Yoshi, et même un ennemi inspiré de Kirby. La musique, composée notamment par Kazumi Totaka et Minako Hamano, tire le meilleur du processeur sonore de la Game Boy, avec des thèmes mélancoliques restés célèbres, comme la Ballade du Poisson-Rêve.

Toujours plus de jeux  Les 15 meilleurs jeux Game Boy et Game Boy Color à connaître

Scénario : Link naufragé sur l’île de Cocolint

Au début de l’aventure, le bateau de Link est pris dans une tempête. Le héros se réveille sur la plage de l’île de Cocolint (Koholint en version originale), recueilli par Marine et son père Tarkin. Il apprend bientôt que la seule façon de quitter l’île est de réveiller le Poisson-Rêve, une créature endormie dans un œuf géant au sommet de la montagne.

Pour cela, il doit récupérer les huit instruments des Sirènes, cachés dans autant de donjons. Au fil de sa quête, un hibou énigmatique lui distille des indices, et des révélations troublantes laissent entendre que l’île elle-même pourrait ne pas être réelle. Sans dévoiler la fin, ce dilemme donne au jeu une dimension mélancolique rare dans la série, et le personnage de Marine reste l’un des plus attachants de toute la saga.

Gameplay : un Zelda complet dans une cartouche Game Boy

Link’s Awakening reprend la vue de dessus de A Link to the Past et l’adapte intelligemment au petit écran monochrome. Le monde est découpé en écrans successifs, avec une carte dense et pleine de secrets. Plusieurs idées marquent le jeu :

  • Deux boutons d’action attribuables : le joueur choisit librement quels objets associer aux boutons A et B, y compris l’épée ou le bouclier, ce qui ouvre des combinaisons comme sauter et frapper en même temps.
  • La Plume de Roc, qui permet de sauter : une première dans la série en vue de dessus, exploitée aussi bien en exploration qu’en combat.
  • Des phases en vue de côté : dans certains passages souterrains, le jeu bascule en plateforme 2D, avec des ennemis tout droit sortis de Super Mario.
  • La quête d’échanges : une longue série de trocs, démarrée avec la poupée Yoshi gagnée à un jeu d’attrape, qui fait voyager Link d’un habitant à l’autre.
  • Les coquillages secrets, à collectionner pour obtenir une récompense.
Toujours plus de jeux  Une rétrospective sur la Game Boy et ses 15 000 jeux emblématiques

Les huit donjons sont remarquablement construits, avec des énigmes qui exploitent les objets classiques de la série comme le grappin, les Bottes de Pégase ou le bracelet de force. L’ocarina, qui permet de jouer plusieurs mélodies, joue lui aussi un rôle important dans la progression. Pour ceux qui bloquent, nos guides et soluces sont là pour vous aider.

Accueil et héritage

À sa sortie, Link’s Awakening est accueilli comme une prouesse : un Zelda aussi riche que les épisodes de salon, tenant dans une cartouche portable. La presse salue la profondeur de l’aventure, la qualité des donjons et l’humour de ses personnages. Le jeu devient l’un des titres majeurs de la Game Boy et se vend à plusieurs millions d’exemplaires, versions DX comprises.

Son influence est durable. Il inaugure la tradition des Zelda portables, poursuivie avec Oracle of Seasons et Oracle of Ages, The Minish Cap ou Phantom Hourglass. Il démontre aussi que la série peut s’aventurer vers des tonalités plus étranges et oniriques, une piste que Majora’s Mask explorera à son tour sur Nintendo 64. Pour d’autres classiques de la portable, rendez-vous dans notre catégorie jeux Game Boy.

Rééditions officielles et remake

Link’s Awakening fait partie des Zelda les plus réédités :

  1. Link’s Awakening DX (1998) sur Game Boy Color : le jeu passe en couleur et gagne un donjon inédit, le donjon des Couleurs, dont les énigmes reposent sur les teintes. Une boutique de photographie permet aussi de collectionner des clichés, imprimables avec le Game Boy Printer.
  2. La Console Virtuelle de la Nintendo 3DS, qui a proposé la version DX à partir de 2011.
  3. Le remake sur Nintendo Switch (2019), développé par Grezzo, avec un style graphique évoquant des figurines, des commandes modernisées et un mode permettant de créer ses propres donjons à partir de salles déjà explorées.
  4. Nintendo Switch Online, dont le catalogue Game Boy et Game Boy Color, lancé en 2023, inclut la version DX.
Toujours plus de jeux  Game Boy Pocket : tout savoir sur la Game Boy version compacte

La cartouche originale et la version DX restent accessibles en occasion, même si les exemplaires complets en boîte sont plus recherchés. Pour replacer la Game Boy dans la chronologie de Nintendo, notre dossier sur la NES et les débuts de Nintendo offre un bon point de départ.

Rejouer aujourd’hui à la version Game Boy d’origine reste une expérience très recommandable. Sa lisibilité, la densité de sa carte et l’intelligence de ses donjons n’ont presque pas vieilli, et son histoire garde intacte sa capacité à émouvoir. C’est aussi une excellente porte d’entrée pour découvrir la saga, car l’aventure ne suppose aucune connaissance des autres épisodes.

Envie d’y rejouer dès ce soir ?

La console rétro tout-en-un Retrobox réunit des milliers de jeux des générations 8, 16 et 32 bits, déjà installés et prêts à jouer sur votre télé, avec ses manettes.

Voir la console Retrobox →

Questions fréquentes

La princesse Zelda apparaît-elle dans Link’s Awakening ?

Non. Elle est seulement évoquée lorsque Link confond Marine avec elle à son réveil. L’aventure se déroule entièrement sur l’île de Cocolint, sans Hyrule ni Triforce.

Quelle version de Link’s Awakening choisir ?

La version DX est la plus complète des versions d’époque grâce à la couleur et au donjon supplémentaire. Le remake Switch de 2019 est idéal pour une découverte avec un confort moderne.

Combien de donjons compte Link’s Awakening ?

Le jeu original compte huit donjons, chacun abritant un instrument des Sirènes, auxquels s’ajoute le donjon des Couleurs dans la version DX.

Publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *