Le Game Boy est la console portable de Nintendo lancée en 1989, qui a imposé le jeu vidéo nomade dans le monde entier. Avec ses déclinaisons Game Boy Pocket et Game Boy Color, la famille a dépassé les 118 millions d’unités vendues, portée par Tetris puis par Pokémon. Un écran monochrome verdâtre, quatre piles AA et une robustesse légendaire : retour sur une machine qui a traversé une décennie entière.
| Caractéristique | Game Boy (modèle d’origine) |
|---|---|
| Constructeur | Nintendo |
| Sortie au Japon | 21 avril 1989 |
| Sortie aux États-Unis | 31 juillet 1989 |
| Sortie en Europe | 28 septembre 1990 |
| Génération | Quatrième génération (portable) |
| Processeur | Processeur 8 bits Sharp (dérivé du Z80), environ 4,19 MHz |
| Écran | LCD 160 × 144 pixels, 4 niveaux de gris |
| Support | Cartouches |
| Prix de lancement | 12 500 yens au Japon, 89,99 dollars aux États-Unis |
| Ventes | 118,69 millions d’unités (Game Boy et Game Boy Color réunis) |
Genèse et lancement du Game Boy
Le Game Boy est l’œuvre de la division R&D1 de Nintendo, dirigée par Gunpei Yokoi. Ce dernier a déjà connu le succès avec les Game & Watch au début des années 1980 et défend une philosophie devenue célèbre : utiliser des technologies éprouvées et bon marché de manière nouvelle. Plutôt qu’un écran couleur rétroéclairé, gourmand et coûteux, le Game Boy adopte un écran LCD monochrome réfléchissant, qui garantit une autonomie de plusieurs dizaines d’heures et un prix accessible.
La console sort au Japon le 21 avril 1989. Aux États-Unis, en juillet, une décision change tout : Nintendo of America livre la machine avec Tetris, le jeu de puzzle d’Alexeï Pajitnov dont les droits ont été âprement négociés. Le jeu séduit aussi bien les enfants que les adultes et fait du Game Boy un phénomène. L’Europe l’accueille en septembre 1990, également avec Tetris dans la boîte.
La concurrence est pourtant plus avancée techniquement : l’Atari Lynx et la Game Gear de Sega proposent la couleur et le rétroéclairage. Mais elles vident leurs piles en quelques heures et coûtent plus cher. Le Game Boy l’emporte grâce à son autonomie, sa solidité et, surtout, sa ludothèque.
La machine et ses modèles
Le modèle d’origine (DMG-01), gris clair avec ses boutons A et B pourpres, est conçu pour survivre aux chutes. Son écran à dominante verte manque de contraste et laisse des traînées lors des mouvements rapides, mais on s’y habitue vite. Le haut-parleur est mono, tandis que la prise casque offre un son stéréo, un détail qui a marqué les amateurs de musique chiptune.
À partir de 1995, la série « Play It Loud! » décline la console en plusieurs coloris. En 1996 arrive le Game Boy Pocket, plus petit et plus léger, avec un écran en noir et blanc plus lisible et seulement deux piles AAA. Le Japon reçoit en 1998 le Game Boy Light, un Pocket rétroéclairé resté exclusif à l’archipel.
La même année, fin 1998, sort le Game Boy Color. Il affiche jusqu’à 56 couleurs à l’écran, dispose d’un processeur capable de fonctionner deux fois plus vite et d’un port infrarouge. Il reste rétrocompatible avec les cartouches du Game Boy classique, qu’il colorise automatiquement avec des palettes prédéfinies. Les cartouches noires sont compatibles avec les deux machines, les transparentes sont réservées au Game Boy Color. Le Game Boy Advance, en 2001, lira encore l’ensemble de ces jeux.
La ludothèque : les jeux cultes du Game Boy
Plus d’un millier de jeux sont sortis sur Game Boy et Game Boy Color. Voici les titres qui ont compté ; retrouvez-en d’autres dans notre rubrique jeux Game Boy.
Tetris (1989)
Adapté par Nintendo et fourni avec la console en Occident, Tetris est l’alliance parfaite entre un concept et une machine. Le mode deux joueurs par câble Link et la musique inspirée du folklore russe sont restés gravés dans les mémoires.
Super Mario Land (1989)
Jeu de lancement développé par l’équipe de Gunpei Yokoi, il transporte Mario au royaume de Sarasaland, avec des phases de shoot’em up en sous-marin et en avion. Court et étrange, il s’est vendu à plus de dix millions d’exemplaires.
Metroid II: Return of Samus (1991)
Samus doit exterminer les Metroids sur leur planète natale. Malgré l’écran monochrome, l’ambiance oppressante est réussie. Le jeu a été repensé en 2017 sur 3DS sous le titre Metroid: Samus Returns.
Kirby’s Dream Land (1992)
Premier jeu de Kirby, créé par Masahiro Sakurai chez HAL Laboratory. Volontairement accessible, il introduit la petite boule rose qui aspire ses ennemis. La capacité de copie n’arrivera qu’avec l’épisode NES.
Super Mario Land 2: 6 Golden Coins (1992)
Des sprites plus gros, une carte du monde, un château à reconquérir et, surtout, la première apparition de Wario, qui aura ensuite droit à sa propre série avec Wario Land en 1994.
The Legend of Zelda: Link’s Awakening (1993)
Link échoue sur l’île de Cocolint et doit réveiller le Poisson-Rêve. Considéré comme l’un des meilleurs épisodes de la série, ce Zelda portable a connu une version colorisée, Link’s Awakening DX, en 1998, puis un remake sur Switch en 2019.
Donkey Kong (1994)
Souvent surnommé « Donkey Kong 94 », il reprend les quatre niveaux de l’arcade avant d’ajouter une centaine de stages de réflexion et de plateforme. Il a été le premier jeu à exploiter les fonctions du Super Game Boy.
Pokémon Rouge et Bleu (1996)
Développé par Game Freak et imaginé par Satoshi Tajiri, Pokémon sort au Japon en 1996 (versions Rouge et Verte) et arrive en Europe en 1999. Le principe d’échange entre deux consoles via le câble Link en fait un phénomène mondial qui relance le Game Boy en fin de vie.
Pokémon Or et Argent (1999)
Pensés pour le Game Boy Color tout en restant compatibles avec l’ancien modèle, ils ajoutent une horloge interne, le cycle jour-nuit, cent nouveaux Pokémon et la possibilité de revisiter la région de Kanto. Ils sont sortis en Europe en 2001.
Accessoires marquants
Le câble Game Link est l’accessoire emblématique : il permet les duels de Tetris, les courses de F-1 Race et, bien sûr, les échanges de Pokémon. L’adaptateur quatre joueurs étend le multijoueur à quelques jeux. Le Super Game Boy (1994), une cartouche à insérer dans la Super Nintendo, permet de jouer sur téléviseur avec des bordures et des palettes de couleurs.
En 1998, Nintendo lance la Game Boy Camera, capable de prendre de petites photos en niveaux de gris, et la Game Boy Printer, une imprimante thermique qui imprime ces clichés sur des étiquettes autocollantes. Les accessoires tiers ont aussi fait partie du paysage : loupes éclairantes, batteries rechargeables, housses et surtout les fameux « Light Boy ». Tout un univers détaillé dans notre rubrique accessoires de consoles.
Héritage et place dans l’histoire
Le Game Boy a prouvé qu’une console portable pouvait être autre chose qu’un gadget. Il a fait de Nintendo le leader incontesté du jeu nomade, une position que l’entreprise a conservée avec le Game Boy Advance, la Nintendo DS puis la Switch. Sa longévité est exceptionnelle : sorti en 1989, il a reçu des jeux jusqu’au début des années 2000, en grande partie grâce à Pokémon.
Il a également marqué la culture au-delà du jeu vidéo. Sa puce sonore est devenue un instrument pour les musiciens chiptune, qui utilisent encore aujourd’hui des cartouches de composition comme LSDJ. Le design de la brique grise est reconnaissable entre mille, décliné en objets dérivés. Et l’idée même de Gunpei Yokoi, privilégier l’usage à la puissance brute, se retrouve plus tard dans la Wii ou la Switch.
Comment jouer au Game Boy aujourd’hui
Le matériel d’origine reste très accessible. Les consoles se trouvent facilement d’occasion, les cartouches sont nombreuses et solides. Attention aux jeux dotés d’une pile de sauvegarde, comme les Pokémon, dont la pile finit par s’épuiser au bout de nombreuses années. Le Game Boy Color et le Game Boy Advance, rétroéclairé dans sa version SP AGS-101, lisent les jeux du Game Boy classique avec un meilleur confort visuel. L’Analogue Pocket, une console moderne, accepte également les cartouches originales.
Les rééditions officielles sont nombreuses. La console virtuelle de la Nintendo 3DS a proposé à partir de 2011 de nombreux jeux Game Boy et Game Boy Color. Depuis 2023, l’abonnement Nintendo Switch Online intègre une application Game Boy et une application Game Boy Color. Plusieurs classiques ont aussi été refaits, comme Link’s Awakening sur Switch ou Metroid II sur 3DS. Pour replacer le Game Boy dans l’histoire de Nintendo, voyez aussi notre dossier sur la NES.
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Questions fréquentes
Combien de Game Boy ont été vendus ?
Nintendo comptabilise ensemble le Game Boy et le Game Boy Color : 118,69 millions d’unités, ce qui place la famille parmi les consoles les plus vendues de l’histoire.
Le Game Boy Color lit-il les jeux Game Boy ?
Oui, il lit toutes les cartouches grises du Game Boy original et leur applique une palette de couleurs. L’inverse n’est possible qu’avec les cartouches noires, compatibles avec les deux machines.
Quelle est la différence entre le Game Boy et le Game Boy Pocket ?
Le Pocket, sorti en 1996, est plus compact, fonctionne avec deux piles AAA et possède un écran noir et blanc plus contrasté. Il lit exactement les mêmes jeux.
