La PlayStation 2 est la console de salon la plus vendue de l’histoire : lancée par Sony en mars 2000 au Japon, elle a dépassé les 155 millions d’unités et a été fabriquée pendant plus de douze ans. Lecteur DVD intégré, rétrocompatibilité avec la PlayStation, ludothèque gigantesque allant de Gran Turismo 3 à Shadow of the Colossus : voici tout ce qu’il faut savoir sur la machine qui a dominé la sixième génération.
| Caractéristique | PlayStation 2 |
|---|---|
| Constructeur | Sony Computer Entertainment |
| Sortie au Japon | 4 mars 2000 |
| Sortie aux États-Unis | 26 octobre 2000 |
| Sortie en Europe | 24 novembre 2000 |
| Génération | Sixième génération |
| Processeur | Emotion Engine (cœur MIPS, environ 295 MHz), puce graphique Graphics Synthesizer |
| Mémoire | 32 Mo de RDRAM, 4 Mo de mémoire vidéo intégrée |
| Support | DVD-ROM et CD-ROM |
| Prix de lancement | 39 800 yens au Japon, 299 dollars aux États-Unis |
| Ventes | Plus de 155 millions d’unités, record absolu pour une console de salon |
Genèse et lancement de la PlayStation 2
À la fin des années 1990, Sony n’est plus un outsider. La première PlayStation a bousculé Nintendo et Sega, et Ken Kutaragi, le père de la marque, prépare une suite beaucoup plus ambitieuse. Le cœur du projet est l’Emotion Engine, un processeur conçu avec Toshiba et pensé pour les calculs géométriques massifs. Sony communique beaucoup sur sa puissance, au point que la presse de l’époque parle de « supercalculateur de salon ».
La console est présentée en 1999 et sort au Japon le 4 mars 2000. Le succès est immédiat, porté par un argument inattendu : la PS2 lit les DVD vidéo, alors que les lecteurs de salon coûtent encore cher. Beaucoup de foyers japonais l’achètent autant pour les films que pour les jeux. L’Amérique du Nord suit en octobre, l’Europe fin novembre 2000, avec des stocks tendus qui entretiennent la rareté pendant les fêtes.
La ludothèque de lancement est inégale (Ridge Racer V, Tekken Tag Tournament, FantaVision), mais Sony a un atout décisif : la rétrocompatibilité avec les jeux PlayStation. Les acheteurs conservent leur collection, ce qui rend la transition indolore. Face à la Dreamcast déjà en fin de course, puis à la GameCube et à la Xbox arrivées plus tard, la PS2 prend une avance qu’elle ne lâchera plus.
La machine et ses modèles
La PS2 d’origine est un bloc noir, utilisable à plat ou à la verticale, avec un tiroir DVD en façade et le logo PlayStation pivotant. Son architecture est réputée difficile : l’Emotion Engine s’appuie sur deux unités vectorielles (VU0 et VU1) que les développeurs doivent exploiter finement. Les premiers jeux souffrent parfois d’aliasing et de textures pauvres ; il faut attendre les années 2002-2004 pour voir des titres qui tirent vraiment parti du matériel.
Plusieurs révisions « fat » se succèdent entre 2000 et 2004, avec des changements internes, un port d’extension pour disque dur sur les premiers modèles, puis un adaptateur réseau intégré par la suite. En 2004 arrive la PS2 Slim (série SCPH-70000), beaucoup plus fine, avec un tiroir à ouverture par le dessus et une prise Ethernet intégrée. Elle reste le modèle le plus répandu en occasion.
Il existe aussi des variantes plus rares : la PSX, un enregistreur DVD vendu au Japon en 2003 avec les fonctions de la PS2, ou encore le téléviseur Sony Bravia intégrant une PS2, commercialisé en fin de vie. Sony a arrêté d’expédier la console au Japon fin 2012, ce qui fait de la PS2 l’une des machines les plus durables jamais produites.
La ludothèque : les jeux cultes de la PS2
Avec plusieurs milliers de titres, la PS2 possède l’un des catalogues les plus riches de l’histoire. Tous les genres y sont représentés, du jeu de rôle japonais au party game. Voici les incontournables ; vous en trouverez bien d’autres dans notre rubrique jeux PS2.
Gran Turismo 3 A-Spec (2001)
Développé par Polyphony Digital, le troisième épisode de la série de Kazunori Yamauchi a servi de vitrine technique à la console. Moins de voitures que son prédécesseur sur PlayStation, mais un rendu, des reflets et une conduite qui ont marqué les esprits. Un des plus gros vendeurs de la machine.
Grand Theft Auto III (2001) et San Andreas (2004)
Avec GTA III, Rockstar Games fait passer sa série en 3D et invente le monde ouvert urbain moderne. Vice City (2002) puis San Andreas (2004) poussent la formule encore plus loin, ce dernier devenant l’un des jeux les plus vendus de la console. Les trois épisodes ont d’abord été des exclusivités temporaires PS2.
Metal Gear Solid 2: Sons of Liberty (2001)
Le jeu d’infiltration d’Hideo Kojima et Konami impressionne par sa physique, ses gardes réactifs et sa mise en scène. Son scénario, qui traite de désinformation et de contrôle de l’information, est aujourd’hui considéré comme visionnaire. Metal Gear Solid 3: Snake Eater (2004) est souvent cité comme le sommet de la série.
Final Fantasy X (2001)
Premier épisode entièrement en 3D avec doublages et déplacements libres dans les décors, Final Fantasy X de Square abandonne la jauge ATB pour un combat au tour par tour tactique. Sorti en Europe en 2002, il a porté la PS2 au rang de console incontournable du jeu de rôle japonais.
Ico (2001) et Shadow of the Colossus (2005)
La Team Ico de Fumito Ueda signe deux œuvres à part. Ico raconte une fuite silencieuse main dans la main ; Shadow of the Colossus réduit l’aventure à seize combats contre des géants dans une contrée désertée. Deux jeux souvent cités dans les débats sur le jeu vidéo comme forme artistique.
Kingdom Hearts (2002)
Le mariage improbable entre l’univers de Final Fantasy et les personnages Disney, orchestré par Square et Tetsuya Nomura, donne naissance à une série d’action-RPG devenue culte, avec un deuxième épisode sorti en 2005 sur la même console.
Silent Hill 2 (2001)
Konami et la Team Silent livrent un survival horror psychologique d’une rare densité, porté par la musique d’Akira Yamaoka. James Sunderland, venu chercher sa femme défunte, reste l’un des protagonistes les plus troublants du genre.
God of War (2005)
Développé par Santa Monica Studio, God of War impose Kratos et un beat’em up spectaculaire, fait de combos, de quick time events et de mythologie grecque. La suite, en 2007, compte parmi les plus beaux jeux de fin de vie de la PS2.
Okami (2006)
Réalisé par Clover Studio pour Capcom, Okami fait incarner la déesse Amaterasu sous la forme d’une louve blanche. Son style inspiré de l’estampe japonaise et son pinceau céleste en font une aventure à la Zelda à l’identité unique.
Accessoires marquants
La manette DualShock 2 reprend le dessin de la DualShock de la PS1 mais rend tous les boutons analogiques, sensibles à la pression. Les cartes mémoire de 8 Mo, indispensables, se sont vendues par millions. L’adaptateur réseau des premiers modèles a permis de jouer en ligne à SOCOM ou Final Fantasy XI, qui nécessitait en outre un disque dur.
La PS2 a surtout popularisé les jeux à périphérique. L’EyeToy (2003), une caméra USB, faisait jouer avec le corps bien avant le Kinect. SingStar (2004) et ses micros ont transformé la console en machine à karaoké, tandis que les buzzers de Buzz! animaient les soirées quiz. Enfin, la guitare de Guitar Hero (2005), développé par Harmonix et publié par RedOctane, a lancé une vague de jeux musicaux qui a culminé sur la génération suivante. Pour en savoir plus sur ces périphériques, voyez notre rubrique accessoires de consoles.
Héritage et place dans l’histoire
La PS2 a gagné la sixième génération de façon écrasante. Elle a bénéficié d’un calendrier favorable, d’un soutien quasi total des éditeurs japonais et occidentaux, et d’un prix qui a régulièrement baissé pour toucher un public très large. Sa longévité a été telle que des jeux comme Pro Evolution Soccer ou les adaptations sportives annuelles continuaient d’y sortir alors que la PS3 était déjà sur le marché.
Elle a aussi installé le DVD comme support standard du jeu vidéo et démocratisé l’idée d’une console multimédia placée au cœur du salon. De nombreuses licences majeures y sont nées ou y ont trouvé leur forme moderne : God of War, Ratchet & Clank, Jak and Daxter, Kingdom Hearts, Devil May Cry. Pour une génération entière de joueurs, la PS2 reste « la » console de l’adolescence.
Comment jouer à la PS2 aujourd’hui
Le matériel d’origine reste la solution la plus simple : la console et ses jeux sont abondants sur le marché de l’occasion et les prix restent raisonnables pour la plupart des titres courants, même si certains RPG en quantités limitées ont fortement grimpé. Le modèle Slim est plus compact, mais les modèles « fat » récents sont appréciés pour leur robustesse. Sur un téléviseur moderne, un câble composante ou un bon adaptateur HDMI améliore nettement l’image par rapport au câble composite d’origine.
Les rééditions officielles sont nombreuses. Les tout premiers modèles de PS3 lisent les disques PS2, et Sony a proposé des « PS2 Classics » en téléchargement sur PS3 puis sur PS4. Sur PS5, l’abonnement PlayStation Plus Premium intègre une sélection de jeux classiques. De nombreux titres ont aussi été remasterisés : Final Fantasy X/X-2 HD Remaster, God of War Collection, Metal Gear Solid: Master Collection Vol. 1, ou le remake de Shadow of the Colossus par Bluepoint Games en 2018. L’émulation existe sur PC, mais elle n’est légale qu’avec vos propres disques originaux.
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Questions fréquentes
Combien de PlayStation 2 ont été vendues ?
Plus de 155 millions d’unités selon Sony, ce qui en fait la console de salon la plus vendue de tous les temps. Seule la Nintendo DS, une console portable, s’en approche.
La PS2 peut-elle lire les jeux PlayStation 1 ?
Oui. Tous les modèles de PS2 sont compatibles avec la très grande majorité des jeux PS1, grâce à un processeur dédié repris de la première PlayStation.
Quelle est la différence entre la PS2 « fat » et la PS2 Slim ?
La Slim, sortie en 2004, est bien plus petite, intègre le port Ethernet et s’ouvre par le dessus. Elle ne peut en revanche pas accueillir le disque dur interne des modèles d’origine.
