Pokémon Rouge et Bleu : les jeux Game Boy qui ont tout lancé
Pokémon Rouge et Bleu sont les jeux qui ont fait naître un phénomène mondial. Arrivés en France à l’automne 1999 sur Game Boy, ils proposaient de capturer, d’entraîner et d’échanger 151 créatures, avec une idée de génie : chaque version contenait des Pokémon absents de l’autre. Retour sur leur création, leur fonctionnement, leur accueil et les manières officielles d’y jouer aujourd’hui.
Fiche technique
| Information | Détail |
|---|---|
| Titres originaux | Pocket Monsters Aka et Midori (Rouge et Vert) au Japon, puis Ao (Bleu) |
| Développeur | Game Freak |
| Éditeur | Nintendo |
| Sortie | Février 1996 au Japon (Rouge et Vert), septembre 1998 en Amérique du Nord, octobre 1999 en Europe |
| Genre | Jeu de rôle |
| Plateforme d’origine | Game Boy |
| Créateur | Satoshi Tajiri |
| Musique | Junichi Masuda |
Histoire du développement
Une passion d’enfance
Pokémon est né de l’imagination de Satoshi Tajiri, fondateur de Game Freak. Enfant, il collectionnait les insectes dans la campagne autour de Tokyo, une passion que l’urbanisation rendait de plus en plus difficile à transmettre. En découvrant le câble Link de la Game Boy, qui permettait de relier deux consoles, il imagine des créatures qui voyageraient d’une console à l’autre. L’idée de collection, d’échange et de rencontre était née.
Le développement s’étend sur plusieurs années, avec une petite équipe et des moyens limités. Ken Sugimori signe la direction artistique et dessine une grande partie des créatures, tandis que Junichi Masuda compose la musique et participe à la programmation. Nintendo soutient le projet, et l’idée de deux versions complémentaires s’impose comme le moyen idéal d’encourager les échanges entre joueurs.
Du Japon au reste du monde
Au Japon, les deux premières versions, Rouge et Vert, sortent en février 1996, alors que la Game Boy est en fin de carrière. Le succès grandit rapidement grâce au bouche-à-oreille, puis au manga et à la série animée. Une version Bleue, corrigée et embellie, paraît ensuite au Japon. C’est sur cette base que sont conçues les versions internationales, commercialisées sous les noms Rouge et Bleu, en 1998 en Amérique du Nord puis en 1999 en Europe. La localisation française adapte aussi les noms : Bulbizarre, Salamèche, Carapuce ou le professeur Chen font partie du vocabulaire de toute une génération.
Gameplay : attrapez-les tous
Le joueur incarne un jeune dresseur de Bourg Palette qui reçoit son premier Pokémon des mains du professeur Chen. Son objectif est double : remplir le Pokédex, l’encyclopédie des Pokémon, et devenir le meilleur dresseur en battant les huit champions d’arène de la région de Kanto, puis le Conseil des 4. Son rival, le petit-fils du professeur, le devance à chaque étape.
- Le choix du starter : Bulbizarre (type Plante), Salamèche (type Feu) ou Carapuce (type Eau), avec un rival qui choisit systématiquement le Pokémon avantagé.
- Les combats au tour par tour : chaque Pokémon possède un type, quatre attaques au maximum et gagne des niveaux, avec des faiblesses et des résistances à maîtriser.
- La capture : il faut affaiblir un Pokémon sauvage avant de lancer une Poké Ball.
- L’évolution : de nombreux Pokémon se transforment en gagnant des niveaux ou grâce à des pierres, et certains uniquement lors d’un échange.
- L’échange : grâce au câble Link, les joueurs échangent leurs Pokémon et s’affrontent. Certains Pokémon n’apparaissent que dans l’une des deux versions.
Le jeu met aussi en scène la Team Rocket, organisation criminelle menée par Giovanni, et une foule de lieux mémorables : la tour Pokémon hantée de Lavanville, le Mont Sélénite, la Sylphe SARL ou la mystérieuse grotte où se cache Mewtwo.
Les CS et l’exploration
L’exploration de Kanto repose sur les CS, des capsules qui enseignent aux Pokémon des capacités utilisables hors combat. Coupe permet de trancher les arbustes qui bloquent un chemin, Surf de traverser les étendues d’eau, Force de pousser les rochers, Flash d’éclairer les grottes obscures et Vol de se déplacer rapidement vers une ville déjà visitée. Chacune n’est utilisable qu’après avoir obtenu le badge correspondant. Ce système oblige à composer une équipe polyvalente et donne à la carte une structure progressive, où les zones se débloquent au fil des victoires. Les joueurs les plus curieux découvrent aussi des objets cachés, des dresseurs optionnels et le Parc Safari, où la capture obéit à des règles particulières.
Accueil, bugs légendaires et héritage
Techniquement modestes, Pokémon Rouge et Bleu séduisent par la richesse de leur contenu et par leur dimension sociale. Les cours de récréation deviennent des lieux d’échange et de combats, alimentés par les rumeurs les plus folles. Les ventes atteignent des sommets et font de ces jeux l’un des plus grands succès de l’histoire de la Game Boy, relancée au passage.
Les jeux doivent aussi une part de leur légende à leurs bizarreries. Le célèbre MissingNo., créature glitchée qu’une manipulation précise faisait apparaître, a nourri d’innombrables discussions. Mew, ajouté très tard par un programmeur dans l’espace mémoire restant, n’était pas obtenable normalement et était distribué lors d’événements officiels.
La série est devenue la franchise médiatique la plus lucrative au monde, avec des jeux, un jeu de cartes à collectionner, des films et une série animée toujours en production. Pour découvrir les autres titres de la console portable, consultez notre encyclopédie des jeux Game Boy.
Rééditions et remakes officiels
- Pokémon Jaune : sortie en 1998 au Japon et en 2000 en Europe, cette version spéciale s’inspire de la série animée, avec Pikachu qui suit le héros.
- Pokémon Rouge Feu et Vert Feuille : des remakes complets sur Game Boy Advance, sortis en 2004.
- Console virtuelle de la 3DS : en 2016, pour les vingt ans de la série, Rouge, Bleu et Jaune sont réédités en téléchargement, avec des échanges via la connexion sans fil.
- Pokémon : Let’s Go, Pikachu et Let’s Go, Évoli : sortis en 2018 sur Nintendo Switch, ils revisitent la région de Kanto avec une capture inspirée de Pokémon GO.
Les cartouches Game Boy d’origine fonctionnent également sur Game Boy Color et Game Boy Advance. Attention, leur pile de sauvegarde, vieille de plus de vingt ans, peut être épuisée : un jeu qui n’enregistre plus vos parties devra passer par un remplacement de pile. Pour prolonger la lecture, notre rubrique culture jeu vidéo revient sur les séries et les phénomènes qui ont marqué l’histoire du média.
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Questions fréquentes
Quelle est la différence entre Pokémon Rouge et Pokémon Bleu ?
L’aventure est identique, mais certains Pokémon ne peuvent être capturés que dans l’une des deux versions. Pour compléter le Pokédex, il faut donc échanger avec un joueur possédant l’autre version.
Pourquoi la version Verte n’est-elle pas sortie en France ?
Au Japon, les premières versions étaient Rouge et Verte. Les versions internationales se sont appuyées sur la version Bleue japonaise, plus aboutie, d’où le duo Rouge et Bleu en Occident.
Combien de Pokémon compte Pokémon Rouge et Bleu ?
Le Pokédex compte 151 Pokémon, Mew compris. Ce dernier n’était pas obtenable normalement et était distribué lors d’événements officiels.
