Zelda The Wind Waker : l’odyssée en cel-shading de la GameCube
Moqué à son annonce pour ses graphismes en cel-shading, The Legend of Zelda: The Wind Waker est devenu l’un des épisodes les plus aimés de la saga. Sorti sur GameCube en 2002 au Japon et en 2003 en Europe, il troque Hyrule pour un immense océan et propose une aventure maritime d’une rare poésie.
Fiche technique de The Wind Waker
| Élément | Détail |
|---|---|
| Titre japonais | Zelda no Densetsu: Kaze no Takuto |
| Sortie Japon | 13 décembre 2002 |
| Sortie Amérique du Nord | 24 mars 2003 |
| Sortie Europe | 2 mai 2003 |
| Développeur | Nintendo EAD |
| Éditeur | Nintendo |
| Réalisateur | Eiji Aonuma |
| Genre | Action-aventure |
| Plateformes | GameCube, Wii U (version HD) |
L’histoire du développement : le pari du cel-shading
Au Space World 2000, Nintendo présente une courte démonstration technique de la GameCube : un duel entre un Link adulte au style réaliste et Ganondorf. Les fans y voient la promesse d’un Zelda sombre dans la continuité d’Ocarina of Time. Un an plus tard, au Space World 2001, la surprise est totale : le vrai projet montre un Link enfant aux grands yeux expressifs, dessiné comme un personnage de dessin animé grâce à la technique du cel-shading.
La réaction d’une partie du public, en particulier en Occident, est hostile. Certains surnomment ironiquement le jeu « Celda » et craignent un épisode destiné aux plus jeunes. L’équipe, dirigée par Eiji Aonuma sous la supervision de Shigeru Miyamoto, défend pourtant ce choix : le style graphique permet des expressions faciales très riches, des animations lisibles et un monde qui vieillira mieux qu’un rendu réaliste de l’époque. L’histoire lui a largement donné raison.
Le développement se révèle aussi contraint par le temps. Nintendo souhaite sortir le jeu rapidement, et plusieurs donjons prévus auraient été retirés en cours de route. Aonuma a reconnu plus tard que la quête des fragments de Triforce en fin de partie servait en partie à compenser ce contenu manquant. Ce passage sera d’ailleurs l’un des points retravaillés dans la version HD.
Gameplay : l’appel du large
L’aventure commence sur l’île de l’Aurore (Outset Island). Le jour de son anniversaire, Link reçoit la tunique verte du héros de légende, mais sa petite sœur Arielle (Aryll) est enlevée par un oiseau géant. Pour la sauver, il embarque avec les pirates de Tetra, puis rencontre le Lion Rouge, un bateau doué de parole qui devient son compagnon de voyage.
La grande originalité est l’exploration de la Grande Mer, un océan découpé en quarante-neuf cases sur la carte, chacune contenant une île, un récif ou un secret. Hyrule a été englouti par les flots il y a longtemps, et les survivants vivent sur des archipels dispersés. On y navigue librement, on repêche des trésors avec un grappin, on affronte des navires ennemis au canon et l’on complète sa carte en faisant appel au poisson-cartographe de chaque zone.
La baguette du vent
L’objet central est la baguette du vent, la Wind Waker du titre. En dirigeant des mélodies au rythme de la musique, Link peut changer la direction du vent pour naviguer, faire passer le jour à la nuit ou se téléporter grâce aux cyclones. Cet outil remplace l’ocarina d’Ocarina of Time et s’intègre directement au cœur du système de navigation.
Donjons et combats
Les donjons restent fidèles à la tradition de la série, avec leurs clés, leurs boss et leurs objets à découvrir : grappin, boomerang, feuille Mojo ou encore le marteau. Le système de combat introduit des contre-attaques spectaculaires, déclenchées au bon moment lorsque l’icône d’action se met à clignoter, et permet de ramasser les armes lâchées par les ennemis. Certains passages font alterner le contrôle entre Link et un autre personnage, une idée qui annonce des mécaniques reprises plus tard dans la série.
Un monde plein de personnages
Au-delà des donjons, Wind Waker brille par ses habitants. L’île du Dragon abrite le peuple des Piafs (les Rito), qui livre le courrier à travers la mer, tandis qu’une forêt cachée sert de refuge aux Korogus. L’île Mercantîle, avec sa vente aux enchères, son marchand ambulant et ses nombreux personnages excentriques, sert de plaque tournante à de multiples quêtes annexes. Les expressions très marquées de Link, capable de froncer les sourcils ou d’écarquiller les yeux, renforcent l’humour de ces rencontres et prouvent a posteriori que le choix du cel-shading servait aussi la narration.
- Une mer ouverte à explorer librement en bateau
- Une direction artistique en cel-shading pleine d’expressions
- Une bande-son aux accents celtiques, signée notamment par Kenta Nagata, Hajime Wakai, Toru Minegishi et Koji Kondo
- Des quêtes annexes nombreuses, dont la collection de figurines à photographier
Accueil et héritage
Malgré la polémique initiale, The Wind Waker reçoit un accueil critique excellent. La presse souligne la beauté intemporelle de sa réalisation, la liberté offerte par la navigation et l’émotion de son histoire, qui revisite la légende de Ganondorf et du royaume d’Hyrule sous un angle mélancolique. Les critiques visent surtout la lenteur de certains trajets en mer et la chasse aux fragments de Triforce jugée fastidieuse.
Commercialement, le jeu se vend bien sans atteindre les sommets d’Ocarina of Time, en partie à cause de la base installée plus modeste de la GameCube. Son influence, en revanche, est durable. Le style « Toon Link » est repris dans Phantom Hourglass (DS, 2007) et Spirit Tracks (DS, 2009), qui poursuivent l’histoire de ce Link, ainsi que dans plusieurs épisodes portables. Dans la chronologie officielle de la saga, Wind Waker ouvre la branche dite « du héros adulte », celle où Link n’est jamais revenu pour vaincre Ganon.
En Europe comme en Amérique du Nord, la précommande du jeu donnait droit à un disque bonus contenant Ocarina of Time et sa version Master Quest, aujourd’hui recherché par les collectionneurs. Wind Waker est souvent cité parmi les meilleurs titres de la ludothèque GameCube, et il prolonge l’héritage des Zelda en 3D inaugurés sur Nintendo 64.
Rééditions officielles
- The Legend of Zelda: The Wind Waker HD (Wii U, 2013) : graphismes en haute définition avec un éclairage retravaillé, voile rapide pour accélérer la navigation, quête de la Triforce raccourcie, utilisation du GamePad pour l’inventaire et un mode Héros plus difficile.
- Collection GameCube de Nintendo Switch Online (Switch 2, 2025) : la version GameCube fait partie des premiers titres proposés aux abonnés disposant du Pack additionnel.
Le disque GameCube original se joue aussi sur les premiers modèles de Wii, rétrocompatibles. Pour les amateurs de soluces, notre rubrique guides et soluces regroupe des conseils pour les classiques de l’époque.
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Questions fréquentes
Wind Waker est-il la suite d’Ocarina of Time ?
Oui, dans la chronologie officielle, l’histoire se déroule des siècles après Ocarina of Time, dans la branche où le Héros du Temps a disparu de l’époque adulte. Il n’est cependant pas nécessaire d’avoir joué à Ocarina of Time pour l’apprécier.
Quelle version de Wind Waker choisir ?
La version Wii U est généralement jugée plus confortable grâce à la voile rapide et à la quête de la Triforce raccourcie. La version GameCube conserve un rendu plus proche de la vision originale, que certains préfèrent.
Combien de temps faut-il pour finir The Wind Waker ?
Comptez environ 30 à 40 heures pour l’histoire principale, et davantage pour compléter la carte, les quarts de cœur et la galerie de figurines.
