Banjo-Kazooie : le chef-d’œuvre de plates-formes de Rare sur N64
Un ours placide, un oiseau à la langue bien pendue et une sorcière qui parle en rimes : Banjo-Kazooie, développé par Rare et sorti sur Nintendo 64 en 1998, est l’un des meilleurs jeux de plates-formes en 3D de sa génération. Voici son histoire, ses mécaniques et ce qu’il reste de lui aujourd’hui.
Fiche technique de Banjo-Kazooie
| Élément | Détail |
|---|---|
| Sortie Amérique du Nord | 29 juin 1998 |
| Sortie Europe | 17 juillet 1998 |
| Sortie Japon | Décembre 1998 |
| Développeur | Rare |
| Éditeur | Nintendo |
| Musique | Grant Kirkhope |
| Genre | Plates-formes / aventure en 3D |
| Joueurs | 1 |
| Plateformes | Nintendo 64, Xbox 360, Xbox One (Rare Replay), Nintendo Switch (Nintendo Switch Online) |
L’histoire du développement : de Project Dream à la Nintendo 64
Au milieu des années 1990, Rare est au sommet grâce à Donkey Kong Country sur Super Nintendo. Le studio britannique des frères Stamper travaille alors sur un projet de jeu d’aventure nommé Project Dream, initialement prévu sur Super Nintendo. Le héros est un jeune garçon, Edson, confronté à des pirates, et Banjo n’y est au départ qu’un personnage secondaire.
Avec l’arrivée de la Nintendo 64, le projet change de plateforme et de nature. Le développement d’un jeu d’aventure à l’ancienne s’enlise, et la sortie de Super Mario 64 montre ce qu’un jeu de plates-formes en 3D peut accomplir. L’équipe, emmenée par le concepteur Gregg Mayles, recentre donc le projet sur l’action et fait de Banjo le héros principal. Pour lui donner des capacités supplémentaires, on lui adjoint Kazooie, un oiseau rouge caché dans son sac à dos : c’est elle qui permet de courir plus vite, de sauter plus haut ou de cracher des œufs.
Le ton du jeu se définit en parallèle : un humour très britannique, des personnages qui s’expriment par des bruitages marmonnés plutôt que par des voix, et une sorcière antagoniste, Gruntilda, qui ne cesse de s’adresser au joueur en rimes. La bande-son de Grant Kirkhope a une particularité remarquable : les thèmes changent d’instrumentation de façon fluide selon la zone du niveau où l’on se trouve, par exemple sous l’eau ou à l’intérieur d’un bâtiment.
Gameplay : Jiggies, notes et transformations
La sorcière Gruntilda, jalouse de la beauté de Tooty, la petite sœur de Banjo, l’enlève pour lui voler sa beauté grâce à une machine. Banjo et Kazooie quittent Spiral Mountain et s’engagent dans le repaire de la sorcière, un immense hub qui mène à neuf mondes.
- Mumbo’s Mountain et Treasure Trove Cove, pour les premiers pas.
- Clanker’s Cavern et Bubblegloop Swamp, plus exigeants.
- Freezeezy Peak et Gobi’s Valley, entre neige et désert.
- Mad Monster Mansion, Rusty Bucket Bay et Click Clock Wood, ce dernier déclinant son décor au fil des quatre saisons.
Pour progresser, il faut réunir des pièces de puzzle dorées, les Jiggies, qui servent à compléter les tableaux ouvrant chaque monde, et des notes de musique, qui ouvrent les portes du repaire. Chaque monde contient dix Jiggies et cent notes, ainsi que cinq Jinjos colorés à retrouver. D’autres objets comme les plumes rouges et dorées, ou les œufs bleus, servent de munitions et de ressources pour les capacités de Kazooie.
Des mouvements appris au fil de l’aventure
Bottles, une taupe myope, enseigne progressivement de nouvelles techniques au duo : le saut à plumes, la course des talons (Talon Trot), les chaussures turbo, les attaques en vol ou le tir d’œufs. Cette progression donne le sentiment de gagner réellement en capacités et permet de revenir dans les anciens mondes pour atteindre des zones auparavant inaccessibles.
Mumbo Jumbo et les métamorphoses
Le chaman Mumbo Jumbo, en échange de petits crânes appelés Mumbo Tokens, transforme Banjo en termite, en crocodile, en morse, en abeille ou en citrouille. Chaque forme ouvre des passages spécifiques à son monde. Le jeu culmine avec un quiz géant sur le plateau de Gruntilda, où l’on répond à des questions portant sur tout ce qu’on a vu pendant l’aventure, avant un duel final contre la sorcière.
Des personnages hauts en couleur
Le charme de Banjo-Kazooie tient aussi à sa galerie de personnages secondaires. Brentilda, la sœur bienveillante de la sorcière, qui révèle ses secrets les plus embarrassants, Captain Blubber le pirate éploré, ou encore le requin Snacker qui guette les nageurs imprudents : chacun est présenté par des dialogues courts et moqueurs, souvent ponctués des répliques piquantes de Kazooie. Ces échanges, affichés sous forme de bulles accompagnées de sons caractéristiques, donnent au jeu une identité immédiatement reconnaissable, très différente de la sobriété de Super Mario 64. Les informations livrées par Brentilda servent d’ailleurs directement au quiz final, ce qui récompense les joueurs attentifs.
Accueil et héritage
À sa sortie, Banjo-Kazooie est acclamé par la critique. Sa réalisation technique, parmi les plus impressionnantes de la console, ses couleurs éclatantes, son humour et sa musique sont unanimement salués. Beaucoup de joueurs le placent au niveau de Super Mario 64, voire au-dessus pour la densité de ses mondes et le charme de ses personnages. Il fait partie des titres majeurs présentés dans notre dossier sur la Nintendo 64.
Le jeu est suivi de Banjo-Tooie (Nintendo 64, 2000), plus vaste et interconnecté, puis de Banjo-Kazooie: Nuts & Bolts sur Xbox 360 en 2008, épisode centré sur la construction de véhicules, après le rachat de Rare par Microsoft en 2002. La fin de Banjo-Kazooie évoquait par ailleurs un système appelé Stop ‘n’ Swop, censé débloquer du contenu en échangeant des données avec une autre cartouche : ce mystère a fait l’objet de nombreuses spéculations pendant des années avant d’être partiellement exploité dans la version Xbox 360.
L’héritage du duo est resté vivace. Plusieurs anciens membres de Rare ont fondé le studio Playtonic, qui a publié Yooka-Laylee en 2017, successeur spirituel assumé. Banjo et Kazooie ont également fait leur entrée dans Super Smash Bros. Ultimate en 2019 comme personnages téléchargeables, une surprise saluée par les fans. Pour découvrir d’autres grands titres de la machine, direction notre encyclopédie des jeux Nintendo 64.
Rééditions officielles
- Xbox Live Arcade (Xbox 360, 2008) : un portage signé 4J Studios, en haute définition et en 16/9, avec des succès et la fonction Stop ‘n’ Swop réactivée.
- Rare Replay (Xbox One, 2015) : compilation de trente jeux du studio, incluant la version Xbox 360.
- Nintendo Switch Online + Pack additionnel (Nintendo Switch, janvier 2022) : la version Nintendo 64 d’origine est ajoutée au catalogue.
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Questions fréquentes
Combien de Jiggies y a-t-il dans Banjo-Kazooie ?
Le jeu contient 100 Jiggies : dix dans chacun des neuf mondes et dix supplémentaires cachés dans le repaire de Gruntilda. Il n’est pas nécessaire de tous les récupérer pour terminer l’aventure.
Quelle est la différence entre Banjo-Kazooie et Banjo-Tooie ?
Banjo-Tooie, sorti en 2000, propose des mondes plus grands et reliés entre eux, la possibilité de séparer Banjo et Kazooie et un mode multijoueur. Le premier épisode est plus compact et souvent jugé plus accessible.
Banjo-Kazooie a-t-il bien vieilli ?
Globalement oui : ses couleurs, sa musique et ses contrôles restent très agréables. La caméra et la règle qui fait perdre les notes récoltées d’un monde à chaque sortie ou chaque mort sont les aspects les plus datés.
